Burkina Faso Unité - Progrès - Justice

Liberté-Démocratie-Justice  >>   Groupes parlementaires  >>   Activités

Discours prononce par le président du groupe parlementaire liberté - démocratie - justice, à l’occasion du retour du président du CNT

Alors que nous étions entrain de travailler à formuler en termes de lois, les aspirations de notre peuple souverain, alors que nous nous acharnions à mettre la dernière main à l’ouvrage de la Transition, alors qu’essoufflés et en sueur, nous accomplissions les derniers efforts pour tracer les sillons le plus profond possible, pour ceux qui viendront prendre la relève dans la conduite des affaires de notre peuple, alors que nous nous attachions à poser les jalons d’une épopée populaire, afin que ceux qui prendront le relais ne puissent pas dévier du chemin le plus droit, un envoyé en treillis apparut à la télévision nationale, pour nous annoncer, en prophète de malheur, la fin d’une épopée qui ne faisait que commencer. Il annonçait :

-  que les gardiens du Président s’étaient transformés en preneurs d’otages…du Président, du Premier ministre et des ministres de la Transition !
-  que le Président du Faso était démis de ses fonctions !
-  que le Gouvernement de la Transition était dissous !
-  que nous étions, nous, CNT, dissous !
-  qu’un prétendu Conseil national de la démocratie couleur kaki était aux commandes pour gérer désormais les affaires de l’Etat !

Celui qui était à la tête de la tentative de Restauration de l’ordre ancien était un Général ! Ses supporteurs étaient les godillots d’un capitaine qui accéda au pouvoir trente ans plus tôt dans le sang et qui rêvait d’un pouvoir à vie !

C’était sans compter avec le peuple libre du Burkina, héritier des luttes multiformes qu’elle a développées au fil des siècles contre l’oppression et l’asservissement, nourri à la sève de la Révolution d’Août 1983, conscient de ses responsabilités devant l’histoire, ce peuple unanime et déterminé qui se mit debout comme un seul homme et qui dit NON ! NON, NON ET NON !

Président,
C’est à partir de ce moment que vous avez compris que le destin de notre peuple, le destin du peuple libre du Burkina était entrain de se jouer et qu’il fallait agir en s’engageant sur le chemin de l’honneur !!

Président Moumina Sériff SY, fils du Général Baba SY, celui-là même, alors Grand Chancelier des Ordres nationaux qui condamna l’assassinat du Commandant Boukary Jean-Baptiste Lingani et du captaine Henri Zongo et qui préféra se retirer de la scène plutôt que de se salir en continuant à servir un régime qui confirmait son orientation assassine et antipopulaire !

Bon sang ne saurait donc mentir !
Comme le dit un slogan d’une compagnie d’assurances de la place, « On n’est jamais leader par hasard ! »

Président !
En tant que troisième chaînon du Pouvoir insurrectionnel, vous avez dit « non » à cette comédie sanglante d’un autre genre et d’une autre époque. Fidèle à vous-même, vous avez lancé une radio, RADIO RESISTANCE !
Les médias et leurs courageux animateurs ont dit l’actualité. L’histoire se chargera de nous la relater et de la sacraliser !

Aujourd’hui, à la suite du Président du Faso, il me plaît, au nom de mon Groupe parlementaire, et je ne pense pas me tromper en y associant les Groupes parlementaires Organisations de la société civile (OSC) et Forces de défense et de sécurité (FDS), il me plaît de vous rendre hommage !

-  Un hommage, pour votre courage à la limite de la témérité,
-  Un hommage, pour votre sens du devoir !
-  Un hommage pour votre sens de l’honneur !
-  Un vibrant hommage, pour avoir porté haut, le flambeau du Conseil national de la transition !

Nous sommes fiers d’être des députés de la Transition. En disant « non » à la forfaiture, vous avez fait de notre hémicycle, le sanctuaire de la dignité, de l’intégrité et de l’honneur !
Du reste, nous étions sur le front de lutte, apportant notre contribution multiforme à la cause de notre peuple et nous faisant les représentants de notre Institution et les délégués de vos orientations et de vos points de vue fermes que nous avons transmis par messages écrits aux chefs d’Etats de la CEDEAO et au Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Afrique de l’Ouest !

Honorable Président,
Qui oserait encore douter un instant que vous incarnez la légitimité populaire ?
Vous êtes notre fierté et notre gloire !

Puisse le Tout puissant nous donner la force et la chance de conduire à terme cette Transition que le peuple burkinabé a voulu et continue de défendre, au prix de son sang, au prix de la vie de ses chers enfants !
C’est ici, le lieu de lui rendre un hommage absolu !

-  Hommage à la jeunesse, notre admirable jeunesse, toujours mobilisée, fer de lance de notre lutte héroïque et victorieuse !
-  Hommage
 aux « hommes de Dieu »,
 aux coutumiers,
-  Hommage à notre vaillante armée républicaine
 aux sages de tous les horizons,
 aux institutions internationales dignes du nom,
 aux pays qui nous ont prouvé leur amitié et leur attachement aux principes qui fondent la confiance des peuples !

A peuple uni, rien d’impossible !

Gloire, au peuple !
Honneur, au peuple !
Pouvoir, au peuple !
Tout le pouvoir, au peuple !
La patrie ou la mort, nous vaincrons !

Je vous remercie !

Jean-Hubert Bazié