Burkina Faso Unité - Progrès - Justice

Président  >>   Discours

DISCOURS DE SEM MOUMINA CHERIFF A L’OCCASION DE LA CEREMONIE D’OUVERTURE DE LA DEUXIEME SESSION ORDINAIRE DE L’ANNEE 2015 DU PARLEMENT NIGERIEN

Le président du CNT, Cheriff Moumina SY, est l’invité du parlement nigérien ce jour, jeudi 1er Octobre 2015, à l’occasion de sa session budgétaire. Voici, in extenso son discours à cette auguste assemblée amie.


Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée nationale
Excellence Monsieur le Premier Ministre
Excellences Messieurs les Présidents d’Assemblée
Messieurs les Présidents d’institution
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de mission diplomatique et consulaire
Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations internationales et interafricaines
Honorables députés
Distinguées personnalités
Mesdames et Messieurs

Monsieur le Président et cher frère,
Les propos aimables que vous venez de tenir à mon endroit et celui de ma délégation, nous touchent énormément et je voudrais vous en remercier très sincèrement.

Cet élan fraternel qui guide mes pas et ceux de ma délégation sur cette terre libre et hospitalière du Niger, m’oblige à réserver mes premiers mots au peuple nigérien, pour lui rendre un hommage, ô combien mérité, pour cet accueil chaleur et amical, signe de cette hospitalité légendaire reconnue au peuple nigérien.
Cet élan fraternel guidé par la solidarité légendaire qui a toujours lié les peuples africains et soutenue par les liens séculaires qui unissent les peuples burkinabè et nigérien, nous rappelle notre communauté de destin, une communauté de destin qui ne peut être envisagée que dans le contexte d’un espace communautaire stable et sécurisé.

Aussi je voudrais vous demander de reconnaitre dans l’hémicycle, la délégation qui m’accompagne :

-  L’honorable SOUGUE Christine Gninko, membre du Groupe parlementaire Forces de défense et de sécurité (FDS) ;

-  L’honorable KONE Ibrahim, 2e Vice-président du CNT, membre du Groupe parlementaire Liberté-Démocratie et Justice (LDJ) ;

-  L’honorable OUEDRAOGO Tanga Félix, membre du groupe parlementaire Organisation de la Société civile (OSC) ;

Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée nationale et cher frère,

Au nom du Peuple burkinabè, du Président de la Transition, Chef de l’Etat, SEM Michel Kafando et de son Gouvernement, de tous mes collègues parlementaires du Conseil national de la Transition et en mon nom propre, je voudrais vous exprimer ma profonde gratitude pour m’avoir fait l’honneur et l’amitié de m’inviter à cette cérémonie solennelle d’ouverture de l’ultime session de la première législature de la 7eme République du Niger.

Je voudrais, à cet effet, vous féliciter pour la qualité de vos différentes allocutions et contributions lors des travaux des différentes institutions parlementaires internationales.

J’ai toujours en mémoire, votre brillant exposé devant les députés du Parlement Panafricain à Midrand en Afrique du Sud et à la conférence des présidents d’Assemblée tenue à New York en début septembre.

Excellence Monsieur le Président et cher frère,
Honorables Députés,

Malgré le diktat de mon calendrier lié aux tâches urgentes qui s’imposent à nous en ce moment, pour la restauration intégrale des institutions de la Transition, je ne pouvais m’empêcher de répondre à votre invitation pour quatre raisons principales.

La première est relative à l’esprit dans lequel vous tenez la deuxième session ordinaire de votre auguste Assemblée. En la plaçant en effet sous le signe du renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit, vous nous donnez-là l’occasion de nous mettre à votre école.

Dans la lettre d’invitation qui m’a été envoyée, j’ai pu lire que : « La première législature de la 7eme République aura été une période charnière dans l’évolution politique du Niger : la Démocratie et l’Etat de droit se sont renforcés davantage et ont acquis un caractère des plus irréversibles ».

Je me sens d’autant plus en phase avec cette perception que nous sommes aujourd’hui confrontés au même défi au Burkina Faso, celui de marquer notre quête de la démocratie et de l’Etat de droit d’un caractère irréversible.

Et c’est bien la principale raison qui a amené le Secrétaire général de ONU, Ban Ki-moon, le Conseil de paix de sécurité de l’Union Africaine et tous les démocrates du monde entier à condamner sans ambages la forfaiture de coup d’Etat qu’a connu notre pays.

Du reste, la mobilisation de l’ensemble de notre peuple et la détermination de notre jeunesse à faire échec à ce projet d’un autre âge n’ont fait que renforcer notre conviction dans la nécessité d’aller jusqu’au bout des aspirations profondes de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.

Le régime autocratique de Blaise Compaoré étant tombé, il n’y avait aucune raison d’en conserver ses tentacules dont la plus dangereuse et la plus pernicieuse était le fameux Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP).

Sans fausse modestie, je peux vous assurer à cette tribune que la page est désormais tournée.Nos Forces armées nationales ont pris leurs responsabilités et ont administré la leçon qu’il fallait au félin général putschiste. Plus rien ne devrait arrêter notre marche en avant la restauration des institutions de la Transition.

Excellence Monsieur le Président et cher frère,
Honorables Députés,
A l’instar de notre pays le Burkina Faso, le Niger connaît le prix de la démocratie et de l’Etat de droit, pour avoir également vécu de graves crises politiques et de gouvernance au cours de son histoire.

Il ne saurait rester indifférent au péril de velléités putschistes qui menaçait le destin du peuple burkinabè qui n’est autre qu’une autre partie de lui-même. Nous sommes liés par l’histoire, la géographie et la culture. Il n’y aucune raison que nous ne partagions pas les mêmes espérances politiques, celles qui procurent la liberté, la justice et le bien-être à nos compatriotes qui en ont si tant besoin.

Excellence Monsieur le Président et cher frère,
Honorables Députés,
Je tire la deuxième raison de ma présence au sein de votre auguste Assemblée de la qualité des liens d’amitié et de coopération qui unissent nos deux peuples et de nos deux parlements. Dans le bonheur comme dans le malheur, nous avons toujours été ensemble.

La troisième raison de mon voyage ici à Niamey est de renforcer la diplomatie entre nos deux Etats. Cela me semble d’autant plus évident que le Niger reste pour nous une source d’inspiration en matière de changement de République comme nous serons amenés à le faire prochainement dans notre pays. Comme vous le savez, après l’insurrection populaire d’octobre dernier et les élections que nous allons reprogrammer bientôt, nous devons acter le passage à une 5eme République comme couronnement ultime de tout le processus de changements en cours.

En tant que lieu privilégié d’exercice de la démocratie, le Parlement constitue une institution angulaire pour nos jeunes Etats. Nous avons un rôle important et déterminant à jouer. C’est à nous de faire comprendre que la démocratie n’est pas un idéal définitivement atteint. Nous devons continuer à travailler pour le renforcement des expressions de la liberté dans nos pays. Car, c’est dans la liberté que chacune et chacun de nos concitoyens peuvent avoir confiance en eux-mêmes et se rendre utiles à leurs sociétés.
Excellence Monsieur le Président et cher frère,
Honorables Députés,
La quatrième et dernière raison de ma présence au milieu de vous est un devoir de reconnaissance. Dans le respect des différentes sensibilités politiques qui composent votre auguste Assemblée, permettez-moi de témoigner, au nom du Président de la Transition, SEM Michel KAFANDO, du peuple burkinabè et à mon nom personnel, toute ma reconnaissance au Président de la République sœur du Niger, SEM Mahamoudou ISSOUFOU. Cela, pour sa grande sollicitude, ses prises de positions courageuses, ses initiatives et ses démarches qui ont contribué à remettre la Transition burkinabè sur les rails et nous permettre de lever les derniers obstacles sur le chemin de l’édification d’une Démocratie véritable et d’un Etat de droit à même de garantir la liberté, la justice, l’équité et l’égalité pour tous les Burkinabè.

Nous n’avons aucunement été surpris par la présence du président Mahamoudou ISSOUFOU en première ligne des Chefs d’Etats de la sous-région, qui ont, non seulement défendu le retour immédiat et sans condition à l’ordre constitutionnel et démocratique au Burkina Faso, mais également exigé que le projet de compris proposé par la CEDEAO tienne compte des aspirations profondes du peuple burkinabè ainsi que de sa capacité à trouver des solutions endogènes à ses problèmes.
Cela fait notre fierté et constitue un exemple à suivre par tours les Chefs d’Etats africains.

Excellence Monsieur le Président et cher frère,
Honorables Députés,
Je reste convaincu qu’une nouvelle dynamique est désormais en marche dans notre sous-région ouest-africaine. Et le Niger, son peuple, son parlement et son président y joue un rôle important. Avant de terminer mon propos, je voudrais souhaiter plein succès à vos travaux.

Vive la Démocratie véritable,
Vive l’Amitié et la Coopération entre le Niger et le Burkina Faso.

Je vous remercie pour votre aimable attention !